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Comment se comparer à ses concurrents dans les réponses des IA ?

Par Gaétan Berthelot, fondateur d’Abysia · Publié le · Mis à jour le

Une comparaison honnête exige deux précautions : comparer des mesures faites dans les mêmes conditions, et ne parler d’écart que s’il dépasse le hasard de l’échantillon, y compris après correction des comparaisons multiples. Sinon, le verdict est « dans la marge d’erreur », même si un taux paraît plus haut qu’un autre.

Qu’est-ce qu’une comparaison valable entre deux marques ?

C’est une comparaison où tout, sauf la marque, est identique : mêmes questions, qui ne nomment personne, même service, même mode et même modèle, même période, même version de méthode. Si une seule de ces conditions diffère, l’écart observé peut venir de la condition et non de la marque.

  • Les questions sont les mêmes pour toutes les marques, et ne nomment aucune marque ni aucun concurrent.
  • Les réponses viennent du même service, du même mode et du même modèle, notés avec chaque réponse.
  • Les mesures datent de la même période : une IA et ses résultats de recherche évoluent.
  • La méthode est la même, dans la même version : deux versions ne se comparent jamais.
  • Chaque taux est affiché avec sa marge d’erreur et le nombre de réponses analysées.

Quand un écart est-il confirmé, et quand reste-t-il dans la marge d’erreur ?

Un écart confirmé est une différence entre deux marques qui dépasse ce que le hasard de l’échantillon suffit à expliquer. Une différence est dans la marge d’erreur quand elle ne se distingue pas du hasard de l’échantillon. Le verdict dépend de l’écart, du nombre de réponses et du nombre de comparaisons menées en même temps.

Le verdict « dans la marge d’erreur » n’est pas un échec de la mesure. C’est une information : avec ces réponses, il est impossible de dire quelle marque est devant. Il vaut mieux l’écrire que fabriquer un classement que les données ne soutiennent pas.

Pourquoi comparer plusieurs marques exige-t-il une correction ?

Parce que le nombre de comparaisons croît plus vite que le nombre de marques. Avec trois marques, il y a trois paires ; avec huit, vingt-huit. Chaque paire est une occasion de voir un faux écart. Sans correction, la probabilité qu’au moins un écart apparent soit un faux positif devient vite élevée.

Le manuel du NIST le dit en une phrase : répéter des comparaisons deux à deux pour toutes les paires ne fonctionne pas, en général, parce que le niveau de signification global n’est pas celui que l’on croit. La page de référence donne la formule du risque, 1 − (1 − α)^m pour m comparaisons indépendantes, et la correction de Bonferroni, qui divise le seuil par m.

Risque d’au moins un faux écart selon le nombre de marques comparées deux à deux
Marques comparéesPairesRisque d’au moins un faux écartSeuil par paire, correction classique
215,0 %5,00 %
3314,3 %1,67 %
4626,5 %0,83 %
51040,1 %0,50 %
104590,1 %0,11 %
1510599,5 %0,05 %
20190plus de 99,9 %0,03 %

Comparaisons supposées indépendantes, seuil de 5 % par comparaison. La dernière colonne divise ce seuil par le nombre de paires, une correction classique donnée en illustration : cette table ne dit pas laquelle applique Abysia. Calcul public, refait par un script du dépôt (NIST/SEMATECH e-Handbook of Statistical Methods, Wikipedia).

Le tableau va de deux à vingt marques : au-delà de quelques marques, le risque d’un faux écart devient presque certain sans correction, alors que le seuil exigé de chaque paire devient très étroit avec elle. La dernière colonne illustre l’une des corrections classiques ; elle ne dit pas laquelle applique Abysia.

Comment la correction change-t-elle le verdict sur un exemple ?

Elle retire les écarts que le hasard suffisait à produire. L’exemple suivant compare quatre marques fictives sur le même nombre de réponses : sans correction, trois écarts sur six paires paraissent significatifs ; après correction, un seul le reste, et la conclusion change.

Exemple chiffré : marques fictives, données inventées pour illustrer le calcul. Test illustratif de comparaison de deux proportions ; Abysia utilise ses propres tests, qu’elle ne détaille pas.

Chaque marque est mesurée sur 200 réponses : Alpha 40 %, Bêta 32 %, Gamma 31 %, Delta 22 %. Avec quatre marques, il y a six paires, donc un seuil corrigé de 0,83 % par paire.

Paire Écart observé Probabilité du hasard Verdict sans correction (seuil de 5 %) Verdict avec correction (seuil de 0,83 %)
Alpha – Delta 18 points 0,01 % Écart Écart confirmé
Bêta – Delta 10 points 2,4 % Écart Dans la marge d’erreur
Gamma – Delta 9 points 4,1 % Écart Dans la marge d’erreur
Alpha – Gamma 9 points 6,0 % Pas d’écart Dans la marge d’erreur
Alpha – Bêta 8 points 9,6 % Pas d’écart Dans la marge d’erreur
Bêta – Gamma 1 point 83 % Pas d’écart Dans la marge d’erreur

Lecture : sans correction, un rapport affirmerait que Delta est derrière Alpha, Bêta et Gamma. Avec correction, seul l’écart entre Alpha et Delta est confirmé ; Bêta et Gamma ne se distinguent pas de Delta, ni d’Alpha. La conclusion change radicalement, et c’est la seconde qui est honnête.

Abysia applique une correction des comparaisons multiples dans ses comparaisons, sans en détailler la méthode.

Questions fréquentes

Que veut dire « dans la marge d’erreur » ?

Que la différence observée entre deux marques ne se distingue pas du hasard de l’échantillon : avec les réponses dont on dispose, on ne peut pas dire laquelle est devant. Ce n’est pas un constat d’égalité, c’est un constat d’incertitude.

Pourquoi corriger les comparaisons multiples ?

Parce que chaque comparaison est une nouvelle occasion de se tromper. Pour m comparaisons indépendantes menées chacune au seuil de 5 %, la probabilité d’au moins un faux positif est 1 − 0,95^m ; la correction durcit le seuil de chaque comparaison pour contenir ce risque. (source)

Faut-il toujours corriger ?

Dès que l’on regarde plusieurs paires de marques ou que l’on cherche qui est devant, oui. Le manuel du NIST explique que répéter des comparaisons deux à deux sur toutes les paires ne respecte pas, en général, le niveau de signification annoncé pour l’ensemble. (source)

Peut-on comparer deux mesures faites à des dates différentes ?

Oui, à condition qu’elles aient été faites avec la même méthode, les mêmes questions et les mêmes conditions de service, de mode et de modèle. Une différence de version de méthode rend la comparaison invalide, même si les chiffres semblent proches.

Ce qui a changé

  •  : Liens « À lire aussi » mis à jour vers les nouvelles pages du lot G.
  •  : Tableau du risque de faux écart étendu de deux à vingt marques et calculé par script, à la place du tableau saisi pour cinq tailles.
  •  : Définitions de l’écart confirmé et de « dans la marge d’erreur » reprises mot pour mot du registre des définitions.
  •  : Publication.

Sources

  1. 7.4.7. How can we make multiple comparisons? (NIST/SEMATECH e-Handbook of Statistical Methods), vérifiée le 23 octobre 2026
  2. Multiple comparisons problem (Wikipedia), vérifiée le 23 octobre 2026

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